Conception : Lise Ardaillon & Sylvain Milliot / Cie Les Moteurs Multiples -- photo: Christian Lutz -- Vu le 5/12/13 à l’Amphithéâtre - Pont de Claix -- Création 2013
Pas de sommet à Davos
Quand on lit le titre de la pièce Davos, on est tenté de penser qu’il pourrait s’agir d’une pièce inscrite dans une mouvance alter-mondialiste. Pas vraiment le cas. Certains vous diront même : « absolument pas le cas ».
C’est dans ces cas de figure qu’on est bien content d’avoir la note d’intention sous les yeux. On peut lire en exergue : « Un récit intime du capitalisme actuel. Un poème scénique, plastique et musical ». Plutôt d’accord avec ce résumé, qui est en même temps suffisamment vague pour laisser libre cours aux interprétations diverses.
Sur scène donc, un homme plié en deux – les mains au sol - narre les observations d’un récit fictif puis se dirige tout en gardant cette position vers un tapis de course pour entamer petit à petit un footing, alors que la voix d’une femme a pris le relais et parle à la manière d’une thérapeute. Véritable séance d’hypnose (d’une durée de vingt minutes !) pour un dirigeant d’entreprise qui s’apprête à prendre la parole en public. 5-4-3-2-1 : au sortir de l’hypnose, l’homme prend donc la parole, expose la haute idée des responsabilités que tient son entreprise sur le marché des biotechnologies et finit par exposer brièvement un élément de sa vie privée alors qu’il sort de cette scène figurée. Telle est la part de récit intime mis en exergue : plutôt maigre. La suite du texte se partage en effet entre l’évocation par la voix off de ce qui pourrait être des symptômes cancéreux et d’anecdotes totalement absurdes évoquées sur un ton pince sans rire. D’un ridicule hilarant, ces anecdotes dignes d’une chronique d’humoriste estampillé France Inter questionnent pour le moins l’objectif de ce récit intime du capitalisme actuel. A quoi faut-il se raccrocher face à ce qui est dit ? S’il faut comprendre que le capitalisme est amené à s’effondrer, le fil n’est pas simple à suivre, le spectacle brillant plus par le soin apporté à la scénographie et à la partition musicale qu’à la clarté du propos. Davos apparaît du coup plus comme un prétexte à délirer (dans tous les sens du terme) sur fond de capitalisme contemporain dans un théâtre d’ambiance, qui relève d’ailleurs beaucoup plus de la performance scénique que du spectacle vivant. Quelques moments de séduction dans un ensemble peu évident…
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