Vu le 11/07/2013 au Théâtre de l’Entrepôt – Avignon -- Textes d’Alan Sillitoe, traduction François Gallix - Cie La Lune et l’Océan
Vous êtes en Avignon et vous avez vu plusieurs spectacles. Vous avez ri, vous avez été ému, surpris, voir même éventuellement déçu… Vous sentez que vous avez besoin de faire une petite pause. Ne cherchez plus, ce spectacle est celui qu’il vous faut !
Légèrement hors des remparts d’Avignon et de son tumulte, le théâtre de l’Entrepôt, de par sa situation et son cadre est déjà en soi un endroit calme et reposant. Mais lorsque vous serez passé côté scène, si vous sentez un bol d’air frais vous envahir tout entier, cela ne sera pas dû qu’à la climatisation !
Tirée d’un livre éponyme paru en 1960, la solitude du coureur de fond relate l’histoire d’un jeune homme interné en maison de correction après un vol dans une boulangerie. La particularité de sa situation est qu’il est autorisé à sortir quotidiennement pour courir car le directeur compte sur lui pour gagner la course des maisons de correction…
Nous nous sommes tous parfois retrouvé seuls en pleine nature, que ce soit pour pratiquer un sport d’endurance ou simplement pour nous promener. Nous savons ainsi que cette situation est particulièrement propice à la réflexion, à la rêverie, à l’évasion de l’esprit. C’est pourquoi le spectateur est très vite happé par le monologue de ce jeune coureur solitaire, qui tout en courant sur place devant nous, nous entraine dans ses pensés et ses réflexions, sur son histoire personnelle, sur son passé et sur son avenir.
La traduction française du texte original a su préserver à merveille l’ambiance du milieu populaire anglais de l’après guerre. De plus, il faut saluer la performance de l’acteur qui le plus souvent, rythme le texte par ses foulées. Il est accompagné par un saxophoniste qui, tantôt accompagne la course à la juste cadence, tantôt improvise les nécessaires moments de rêverie. Enfin, la projection sur fond noir d’images en noir et blanc de coureurs arpentant la campagne, images tellement contrastées que les visages ont disparu, est une excellente trouvaille. Elles permettent en effet aux spectateurs de s’identifier parfaitement au coureur à l’esprit aussi vif que ses jambes. Comme lui, vous aurez donc froid en partant courir le matin à jeun, en plein hiver et en tenue légère dans la campagne anglaise, puis chaud après quelques kilomètres. Comme lui aussi, vous serez tourmenté pendant l’épreuve finale…
Vous l’aurez compris, avec ce spectacle, vous avez la possibilité à moindre frais de vous évader un peu plus d’une heure, de faire du sport par procuration, tout en réfléchissant à la notion de liberté individuelle. C’est tentant non ?
Si vous traînez tôt le matin autour des remparts, vous pouvez aussi croiser Patrick Mons, l’acteur marathonien, qui récupère ainsi de ses représentations éprouvantes.
Théâtre L’Entrepôt du 8 au 31 juillet à 17h20
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- La Solitude du Coureur de Fond
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