Texte: Edgar Hilsenrath - Mise en scène : Benjamin Duval
Vu le 19/07/13 à La Caserne des pompiers - Avignon
Rencontre avec un certain Bronsky
Dans le monde des arts, il y a des titres d’œuvres qui savent interpeller l’attention du public. « Fuck America » en fait manifestement partie, avec ce parti pris affiché pour une certaine liberté de ton.
Avant d’être un spectacle, Fuck America est une œuvre littéraire. A en juger par la qualité des textes qui en sont extraits pour monter le spectacle, ce serait même une grande œuvre. L’écriture a beau être éclatée, cela ne semble nullement entamer le talent qui l’habite. Sur scène : que du bon. Encore que le spectacle ne commence pas de façon très accueillante : le public reste sous la lumière blafarde des projecteurs alors que les comédiens commencent leur prestation et que la scène demeure dans l’ombre. Ambiance amphithéâtre de fac. Le metteur en scène Benjamin Duval justifie ce parti pris par la nécessité de poser les codes du spectacle qui différent complètement des représentations théâtrales habituelles. Les deux artistes vont en effet tantôt incarner le narrateur du roman en question ou les personnages qu’il croise, et comme la narration n’est pas chronologique, inutile de chercher une scénographie élaborée. Le plateau est donc dénudé pour laisser toute sa place au verbe, d’une franchise absolument réjouissante, notamment lorsqu’il est question de sexe. Mais que les fans de Bukowski ou Philip Roth se calment, il n’y a pas que ça dans la représentation. L’écriture est aussi grave ou tragique, mais le pathos n’est jamais appuyé par le jeu des comédiens, qui ne basculent pas pour autant dans la désinvolture. Voilà un équilibre que les amateurs de bonne littérature devraient apprécier.
Dates de représentations Avignon 2013
La Caserne des pompiers, du 8 au 24 juillet 2013 à 15h30
Photo : Alain Julien