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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


La face cachée de la lune

Publié par Saad sur 13 Février 2014, 11:16am

Catégories : #Concerts, #Les pépites du spectateur, #Hors des sentiers battus, #Création 2012

La face cachée de la lune

Musique de Pink Floyd - Concert-spectacle imaginé par Thierry Balasse, avec la complicité de Laurent Dailleau et Yves Godin -- compagnie Inouïe. Photo : Patrick Berger – Vu le 11/01/2014 à la MC2-Grenoble

 

Avant l’initiative de Thierry Balaste, il n’y avait qu’une seule façon de rendre hommage à Pink Floyd : le « tribute band ». Le groupe britannique étant aussi connu que les Beatles, il y a chaque année une formation qui passe près de chez vous pour reprendre en concert ses plus grands « tubes ». On ne peut que s’en réjouir, mais avec La face cachée de la lune, Thierry Balaste & la compagnie Inouïe vont beaucoup plus loin…

 

La face cachée des enregistrements

   En fait, il conviendrait mieux de dire que la compagnie Inouïe va là où jamais aucune formation ne s’est rendue avant eux : "Tout simplement à réaliser sur le plateau ce que les musiciens du groupe n’ont jamais pu faire eux-mêmes ! Les parties de synthèse sur séquenceur et les parties sonores étaient très difficiles à réaliser sur scène à l’époque. Le groupe préférait donc utiliser des bandes playback. La technologie numérique et certains nouveaux outils analogiques nous permettent de l’envisager aujourd’hui. Nous pouvons ainsi offrir au public la possibilité de découvrir les gestes de recherche et les outils de création de cette époque", explique l’initiateur du projet.*

 

Retour vers le futur

   Résolument originale et délicieusement « vintage », La face cachée de la lune est donc bien plus qu’un « simple » concert hommage. On aurait envie de parler de concert documentaire face à toutes ces machines et tous ces gestes qui reconstituent les sons explorés par Pink Floyd quarante ans auparavant. Sur scène donc, outre les instruments propres à n’importe quel groupe de pop (guitare-basse-batterie), le public peut admirer des synthétiseurs analogiques et des enceintes à l’apparence pour le moins biscornue. Thierry Balaste parle d’un « instrumentarium devenu rare, donc méconnu, qui attire une vive curiosité"». Pour sûr…et quand une incursion aussi originale dans le rétroviseur de la musique sert à reprendre des morceaux appréciés d’un bout à l’autre de la planète par des dizaines de millions de gens depuis quarante ans… comment éviter le succès ?

   Si la démarche est géniale, on se heurte tout de même à un bémol dans le spectacle : par leur taille insuffisamment grande, les deux écrans pédagogiques qui surplombent le plateau donnent un aperçu bien mince des parties interprétées aux synthés… ce qui est plutôt frustrant quand on sait que c’est notamment cette partie de la scène à laquelle l’œil du spectateur aimerait accéder pour découvrir plus en profondeur les fameux instruments. Idem pour la manipulation faite par Thierry Balaste en tout début de spectacle, lorsqu’il enregistre à l’aide d’une bande analogique le son du battement de cœur qui ouvre et clôt la restitution de l’album… on aurait vraiment aimé voir de plus près cette opération pour le moins intrigante. Voilà bien un défaut de sous représentation que la compagnie pourrait facilement pallier, mais qui n’empêche pas La face cachée de la lune de rester un spectacle passionnant à plus d’un titre.

 

* Source: feuille de salle de la MC2-Grenoble

 

Pour un article plus érudit, voir ici

 

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