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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Don Juan, amère mémoire de moi

Publié par Saad sur 1 Novembre 2013, 14:35pm

Catégories : #Hors des sentiers battus, #Seul en scène, #Théâtre & Réflexion, #Théâtre d'objets &-ou marionettes

Don Juan, amère mémoire de moi

Par Miquel Gallardo – Mise en scène : Maria Castillo

D’après des textes de Molière, Tirso de Molina, José Zorrilla et Josep Palau i Fabre

Vu au 24e Festival d’Humour et de Création de Villard de Lans le 31/10/2013

Avec Don Juan, amère mémoire de moi le comédien-marionnettiste Miquel Gallardo propose une variation sur l’histoire de Don Juan dans un spectacle aussi singulier que cohérent.

Qui a dit que marionnette rimait avec univers naïf et esprit bon enfant ? Certes si les productions théâtrales dans le domaine tendent généralement à nous conforter dans ce « préjugé », il est des spectacles qui tendraient à nous faire penser le contraire. C’est le cas avec ce spectacle qui propose une autre fin à celle de Don Juan. Dans la pièce de Molière, le bourreau des cœurs est en effet précipité dans la mort par une statue de pierre, or la proposition de Miquel Gallardo nous convie à une version différente puisque c’est dans un couvent que le sieur passe ses derniers jours. Vieillard rabougri, il questionne le moine prenant soin de lui sur son vœu de chasteté. Autant dire que les extrêmes n’ont jamais été aussi proches. Deux points distinguent alors ce spectacle de marionnette: le travail sur la langue, qui se partage entre le Français et l’Espagnol (sous-titré en Français dans un écran annexe, ce qui n’est pas très fameux pour suivre à la fois la scène et la traduction…) et l’ambiance très monacale que l’on n’a pas coutume de croiser sur une scène de théâtre. La chambre austère où croupit Don Juan et son éclairage tamisé sont alors tout à fait propices aux réminiscences fantomatiques des femmes qui ont eu le malheur de croiser son chemin et qui sont bel et bien là pour lui reprocher sa conduite. Le cynisme de Don Juan persistera jusqu’au dernier souffle, mais ce qu’il y a de plaisant dans cette pièce est que Don Juan n’est manifestement pas le seul dont la conduite soit à blâmer. Le regard alors porté sur le responsable du couvent (père Don Luis) vaut son pesant de réflexion. A voir et entendre...

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