Vu le 17/10/2013 à l’Amphithéâtre - Pont de Claix -- Texte : Jade Duviquet & Cyril Casmèze - Mise en scène : Jade Duviquet - compagnie du Singe Debout
Ceci n’est pas une bête de scène
Cyril Casmèze, c’est un peu le gars que tout le monde a vu sans connaître son nom. Celui que le grand public a déjà aperçu mimant à merveille un singe ou un fauve sur Youtube ou à la télé a présenté jeudi soir à l’Amphithéâtre de Pont de Claix un solo créé en 2011 avec sa grande complice Jade Duviquet à la mise en scène.
Et le sentiment du spectateur est pour le moins mitigé. IL EST PLUS FACILE D’AVOIR DU VENTRE QUE DU CŒUR est une succession d’anecdotes autobiographiques ayant trait au besoin de s’accepter tel qu’on est. Aïe ! On pourrait passer outre la banalité fâcheusement moralisatrice de ce propos (digne d’un sitcom pour adolescents en manque de confiance en soi), mais le gros problème est que Cyril Casmèze a vraiment l’air d’un garçon très ordinaire. Pour un seul en scène c’est bien gênant, surtout quand on veut nous faire croire que c’est un gros problème d’avoir faim tout le temps et d’avoir un gros bide et une petite taille. Sur ce point, dommage que le spectacle soit à l’image de ce fameux bide : rempli de creux. Ces quelques anecdotes de garçon complexé ont effectivement beau être sincères, leur mise en scène nous fait le même effet que si on nous versait du coca cola dans un verre de cristal. Le ton adopté tend plus à faire ressortir les aspérités du texte qu’autre chose. En fait, le titre du spectacle en dit long sur sa substance, qui manque d’épaisseur comme de rythme.
Pourquoi est-ce qu’on est mitigé alors ?
Disons le clairement: entre sa bonhommie et ses fantastiques prouesses de zoomorphe, tant physiques qu’auditives, Cyril Casmèze suscite un capital de sympathie non négligeable. Ah le bougre ! Du coup le critique il est bien embêté : flinguer quand même un artiste qui se trompe ou le gracier là où on en a démoli d’autres, en essayant vainement de détourner votre attention de (fidèle) lecteur sur un sujet à la con ? Face à cette proposition bien malencontreuse de justice à deux vitesses déguisée en faux dilemme, évoquons cette anecdote authentique : à la sortie du spectacle, on a pu entendre une vieille dame répondre à son amie : « oh ben moi tu sais, je ne sais pas trop, j’me suis endormie ». On peut difficilement vous le reprocher Madame. Et puis on se doute bien que pour un artiste, il est plus facile de se complaire sur son ego que de parvenir à émouvoir le plus grand nombre…
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Cie du Singe Debout | Jade & Cyril
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