Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Yvan Vaffan – recréation 2013

Publié par Saad sur 13 Janvier 2013, 22:22pm

Catégories : #Cabaret- théâtre musical- danse, #Danse

Yvan Vaffan – recréation 2013

Chorégraphie de J-C Gallotta --recréation 2013 -- vu à la MC2 Grenoble le 8 janvier 2013

Disons le d’emblée : mis à part le joli spectacle de danse-théâtre Petites histoires douces et cruelles (par la Cie des Furieuses), votre serviteur n’a jamais vu de spectacle de danse. Avec la recréation 2013 de Yvan Vaffan dans une période assez creuse en terme de spectacle vivant, l’opportunité* de s’essayer à une critique sur cette autre forme de théâtre paraissait donc incontournable.

Qui peut bien être Yvan Vaffan pour que J-C Gallotta lui consacre un spectacle ? Si l’on part au théâtre avec cette question en tête, on risque d’être déçu. Pourtant le titre donne à croire que l’on va assister à un spectacle sur Yvan Vaffan, et on ressort de la salle sans avoir hélas rencontré ce personnage. La seule information sur son identité relate son abandon du pas de deux pour satisfaire un besoin plus grand de liberté dans sa pratique de la danse. Dommage donc que cette recréation n’exploite pas plus sérieusement la piste de la biographie ou de l’aventure suggérée par ce nom intrigant. Mauvais choix de titre ou manque de narration ? Pour terminer sur la dimension lacunaire ou pour le moins énigmatique du spectacle, relevons la répétition comme un leitmotiv de la posture figurant en affiche du spectacle : que représente cette femme donnant une Ostie aux hommes à genoux? Faut-il y voir un symbole matriarcal ?

Ceci étant dit, le spectacle semble plus réussi dans sa nature première puisque les chorégraphies séduisent des yeux non-initiés à l’art de la danse. Un art qui se déploie d’ailleurs sur divers modes suscitant tantôt :

-L’admiration, lorsqu’une danseuse se jette comme une flèche sur les quatre hommes debout côte à côte et qui retiennent net la femme. C’est très impressionnant de la voir se figer aussi sec, telle une fléchette plantée dans une cible au terme d’un vol fulgurant.

-Le rire, lorsqu’au cours d’une sorte de parade un homme étreint maladroitement une femme qui n’en veut pas, ce sur un ton bon enfant.

-L’effroi : lorsque cette femme et cet homme affichent une bouche grande ouverte, figures très dures à regarder, semblant déployer toute l’horreur de ce qui s’est déroulé au préalable de façon presque quelconque (en l’occurrence une scène de viol qui a succédé à la parade amoureuse).

Le sexe est d’ailleurs très présent dans ce spectacle qui ne manque pas d’audace, en particulier dans la scène d’exposition, où le metteur en scène propose une chorégraphie basée sur le couple. Le corps y est palpé de toutes parts, y compris donc dans ses parties intimes. La sexualité (car on est ici face à quelque chose de plus significatif ou direct que de la sensualité) est alors affichée et ouvertement assumée avec ces jambes de femmes grandement écartées qui sont vigoureusement caressées d’un pied jusqu’à l’autre (y compris au centre…). On retrouve cette audace en fin de spectacle avec un homme qui suce abondamment un sein. Serait-ce d’ailleurs là qu’il faut voir un symbole matriarcal ? En tous cas, à en juger par le succès de ce spectacle, il faut bien croire que la chance sourit aux audacieux.

*merci au Petit Bulletin pour l’invitation

Yvan Vaffan – recréation 2013
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents