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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Vision

Publié par Saad & Bernard sur 22 Juillet 2013, 10:46am

Catégories : #AVIGNON2013- Explorat° OFF & Best OFF, #Hors des sentiers battus, #1 spectacle & 2 opinions, #Les contributions de Camarade Bernard, #Création 2013

Vision

Conception : Pierre Megos, Florence Minder, Kian Cardoen, Lucas Bierlair, Alessandro de Pascale. Interprète sur scène : Pierre Megos - Vu le 21-07-13 AU THEÂTRE DES DOMS - Mention Best OFF

La scène est bleue comme une orange…
Les connaisseurs le savent bien : le théâtre peut être un grand laboratoire d’expérimentations scéniques en tous genres. Et chaque année il y a toujours des surprises, la dernière grande innovation revenant certainement à Pierre Megos et son équipe.

C’est qu’ils n’y sont pas allés avec le dos de la cuillère dans cette équipe. (Oui, on dira équipe, car on ne lit nulle part qu’il s’agit d’une compagnie.) La scène est en effet investie par ce qui se fait de plus pointu en terme de cinéma. Coté jardin : tapis et fond bleus scrutés par 4 caméras qui captent les gestes du comédien, autrement appelé la technique du Blue Key (ou incrustation). Coté cour : un grand écran, sur lequel est projeté le film dans lequel évolue ce même comédien. Bref, si le procédé a vu le jour sur les plateaux cinéma il y a déjà plus de 20 ans, force est de constater que le concept ne s’était encore jamais invité sur les planches d’un théâtre. Il fallait une bonne raison, autre que l’originalité bien sûr.

Le plus déroutant dans cette histoire, c’est certainement cette double représentation en simultané du comédien, et le nouveau code de lecture ainsi proposé peut s’avérer perturbant. Le début de la pièce paraît même quelque peu pédagogique, avec cette scène ou le comédien s’aventure sur un chemin qui n’en finit pas de dérouler sous ses pieds. Passé cette longueur, le concept devient plus intéressant à mesure que se déroule le scénario, et qu’on commence à saisir de quoi relève ce spectacle (ouf).

Pierre Megos incarne en effet le dernier homme sur terre et se déplace dans une ville déserte et labyrinthique, jusqu’à sa rencontre avec une nouvelle population. Les cinéphiles avisés décèleront les hommages tandis que les autres apprécieront l’ambiance des sinistres dédales. L’exercice de style est bien mené, mais là où le spectacle est le plus réussi, c’est qu’il parvient à sortir de nouveau des sentiers battus au moment où cette histoire commence à piétiner. On en dira pas plus, mais le changement des codes s’opère avec un véritable brio, en dépit de quelques scènes à l’humour très convenu. Autant d’arguments qui font de Vision un spectacle à la fois expérimental et populaire.

Dates de représentations Avignon 2013
THEÂTRE DES DOMS du 7 au 28 juillet à 11h
Vision

L’avis de Bernard :

Ce spectacle très original où théâtre et cinéma sont si intimement liés est sans aucun doute l’un des plus novateurs du festival. Il mérite le détour. Petit bémol toutefois sur le choix du texte 100% anglais.

Le concept est à la fois très simple et très efficace. Sur la gauche de la scène qui est entièrement bleue, un acteur évolue à l’aveugle. Sur la droite, un écran projette l’image de cet acteur. Cette image est incrustée à un décor préalablement enregistré. Les décors sont toujours très simples, une route, une porte, une marche, et le film en noir et blanc qui se crée sous les yeux du spectateur est bluffant. Il assiste alors simultanément à la fois à la création du film et à sa diffusion. Les dialogues ou plutôt les monologues de l’acteur, exprimés en anglais côté gauche de la scène et sous-titrés en français au bas de l’écran côté droit ajoute au réalisme du film en construction. Cela contribue également à faire ressurgir avec bonheur de nos mémoires, de vieux films d’anticipation que nous pensions avoir oubliés. Le théâtre des Doms ne dérogeant pas à la règle du festival Off, cet OVNI (Objet Visuel Non Identifié) s’inscrit parfaitement dans la catégorie des spectacles vivants et la représentation ne s’arrête bien évidement pas à cette description. Le public, captivé du début à la fin, suit avec délectation les pérégrinations de l’acteur et se laisse surprendre par des rebondissements assez inattendus mais très bien venus.

Le travail de l’équipe et la minutie de la réalisation sont remarquables. Il est cependant dommage que Pierre Megos, l’acteur belge parfaitement bilingue qui interprète le rôle sur scène, ne joue en français les interludes « sans sous-titres ». Cela ne retirerait rien au réalisme du scénario et permettrait au public français qui contrairement à celui de Washington, lieu où la pièce a été jouée, ne maitrise pas parfaitement l’anglais, de ne pas sortir frustré, faute d’avoir compris l’ensemble du texte !

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