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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Stoker

Publié par Saad sur 20 Mai 2013, 15:19pm

Catégories : #Coups de cœur cinéma, #Souriez: vous êtes critiqués

Stoker

   Œuvre virtuose par sa mise en scène qui flirte avec le film de vampires, Stoker est un film où le temps se ralentit, pour une contemplation des scènes plus réjouissantes. Vous l’aurez compris, ici ce n’est pas tant l’histoire que l’ambiance qui compte.

   Le scénario s’articule autour du personnage d’India Stoker, une demoiselle solitaire vivant dans la grande bourgeoisie. Elle est dotée d’un sens de l’observation tellement aigu qu’il semble à la fois perturber la demoiselle et en même temps donner un sens à sa vie.

   Le film commence sur l’enterrement de son père mort dans un accident de voiture aux conditions pour le moins mystérieuses –un flou narratif qui sera habilement exploité – et l’apparition consécutive de Charlie, jeune oncle dans la fleur de la trentaine et au passé des plus évasifs. Ce dernier serait rentré d’Europe pour être présent à l’enterrement de son frère, mais le spectateur comprendra vite que le bougre ne se contente pas d’assister aux inhumations.

Promenons-nous chez les Stoker

   Dénué de tout pathos quant à ce drame, le film se lance alors dans une exploration gothique via l’incursion de Tonton Charlie dans la demeure des Stoker. Notre beau gosse, qui est le parfait séducteur programmé avec sa gestuelle et sa voix soyeuses en parfaite harmonie avec sa Jaguar décapotable et ses pulls avec col en V, ne tarde pas à emballer la veuve aux yeux joliment inquiétants (la maquilleuse de Nicole Kidman devrait remporter l’oscar du plus beau rimmel pour ses yeux bleus à la fois envoûtants et effrayants). Avec India, l’approche sera plus dure, et c’est tant mieux ! Du coup que fait Tonton Charlie pour casser la glace ? Il achète justement de la crème glacée et envoie sa nièce la placer au congélo, qui est comme par hasard situé dans les sous sols abandonnés de la bâtisse. On sourit devant cette astuce scénaristique mais on se laisse prendre par la mise en scène, qui est formidablement soignée. L’incursion subtile de points de vue différents ou de flash back succincts, dans un rythme qui évite l’avalanche de plans, semble ôter au récit sa temporalité : on a bien l’impression que le temps s’est arrêté chez les Stoker, malgré la succession des scènes de vie quotidienne en haute bourgeoisie. Le sentiment d’étrangeté, pour ne pas dire d’inquiétude, n’en sort que plus renforcé.

   Bien sûr, l’intrigue suit son cours, et les indices sur le passé de Tonton Charlie finiront par être déterrés (sans mauvais jeu de mots…). On terminera simplement en vous disant que l’air de famille, c’est quelque chose de contagieux…

 

Réalisé par Chan-wook Park - Avec Mia Wasikowska, Nicole Kidman, Matthew Goode -- Vu le 19 mai 2013

 

 

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