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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Madame Bovary

Publié par Saad sur 24 Mars 2013, 22:19pm

Catégories : #Hors des sentiers battus, #Auteurs incontournables, #Les pépites du spectateur, #Adaptation théâtrale, #Adaptation de romans, #Théâtre d'objets &-ou marionettes, #Création 2010

Photo d'Yves Gabriel

Photo d'Yves Gabriel

Vu le 19/03/13 à l’Espace 600 -- Compagnie Karyathides [Belgique] -- D’après l’œuvre de : Gustave Flaubert Adaptation : Marie Delhaye & Françoise LOTT . Mise en scène : Agnès Limbos

 

On serait tenté de dire qu’on ne présente plus Madame Bovary…mais ce serait une grossière erreur car le nombre de personnes qui ont lu un ouvrage de référence est toujours nettement inférieur au nombre de celles qui en ont (vaguement) entendu parler. L’initiative prise par les Karyathides est salutaire en ce sens qu’elle dépoussière très habilement ce classique du 19e siècle en en proposant une adaptation fluide, ingénieuse et pertinente en termes de théâtralité.

   Sur scène…une mini-scène, perchée sur une grande table soigneusement dressée. Au fond, un grand rebord cache les figurines (la plupart sont plus exactement des silhouettes ) des principaux protagonistes de l’histoire. Si on s’arrête à la photo, on pourrait croire que Marie Delhaye, ici narratrice et manipulatrice d’objets, joue à la poupée, or ce qui se joue sur cette scène lilliputienne est o combien plus réjouissant.

   Avantagée par un éclairage très intimiste – la table de jeu étant le seul endroit éclairé, le reste du plateau est plongé dans le noir – on rentre très vite dans l’adaptation de cette histoire qui est d’abord narrée à la troisième personne par Marie Delhaye. Là où le spectacle gagne en théâtralité, c’est que la narration est très vite relayée par la bande sonore consacrée aux quelques dialogues créés ou découpés pour cette adaptation. Un procédé assez étonnant dans la mesure où il peut sembler contradictoire avec l’essence même du théâtre de diffuser des enregistrements de dialogues plutôt que de les faire interpréter en direct. Cependant nous sommes ici dans un théâtre d’objets, et « les acteurs » n’ont donc pas de voix. Le mariage entre ces différents procédés d’expression, visuel et sonore, est des plus heureux, d’autant que le travail d’adaptation se consacre à ce qu’il y a semble t il de plus intéressant dans l’œuvre de Flaubert. On assiste donc aux épisodes les plus marquants vécus par Madame Bovary (rêves & amères désillusions), jusqu’au dénouement tragique que lui a réservé l’auteur. A la fin du spectacle, on regrette simplement que celui ci ne dure plus longtemps, et on aimerait que cette compagnie réserve le même sort à tant d’autres classiques réputés ennuyeux.

 

Prochaines représentations, voir ici

* remerciements à Sébastien, qui a conseillé ce spectacle à votre serviteur.

En bonus: un reportage d'Eve Tsirigotaki sur la pièce

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