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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Isabelle et la bête

Publié par Saad sur 21 Décembre 2012, 18:39pm

Catégories : #théâtre contemporain, #Cabaret- théâtre musical- danse, #Création 2012

© Philippe Delacroix - Rencontre entre Isabelle et la Bête

© Philippe Delacroix - Rencontre entre Isabelle et la Bête

Vu à la MC2 Grenoble le 4/12/12 -- d'après La Belle et la Bête de Jeanne-Marie Leprince De Beaumont -- Spectacle conçu par Grégoire Solotareff à l’écriture & au dessin, Véronique Bellegarde à la mise en scène & Sanseverino à la composition musicale.

 

Isabelle et la bête est une création 2012. Ce spectacle librement inspiré de La Belle et la Bête aurait pu être un chef d’œuvre, si seulement le scénario ne pâtissait d’une fin assez floue. C'est bête, non ?

   Isabelle et Alex forment un jeune couple d’artistes en manque d’aventure et de rêve. Ils décident très vite de fuir la routine de la vie quotidienne et montent dans une embarcation sans se douter qu’une tempête les attend. Une fois échoués sur une île a priori déserte, ils rencontrent un autre couple, beaucoup plus vieux mais aux mœurs fort peu conventionnelles. C’est autour de cette rencontre que se déploie l’intrigue, plus précisément dans la relation entre la jeune Isabelle et le « vieillard » surnommé la Bête, à cause de ses cornes de cerf.

A la faveur de ce spectacle…relevons:

L’originalité : les créateurs de ce spectacle (Grégoire Solotareff à l’écriture & au dessin, Véronique Bellegarde à la mise en scène & Sanseverino à la composition musicale) ont voulu concevoir une « comédie concert ». S’il est vrai que l’incursion de musique interprétée en direct dans les pièces théâtrales ne date pas d’hier, reconnaissons cependant que la projection continue de dessins fixes ou légèrement animés pour soutenir le décor (qui existe aussi à part entière) est quant à elle une idée relativement nouvelle….d’autant que cette projection de dessins simples et aux contours vaguement définis renvoie bien à la dimension poétique & fantasmagorique du conte. Le spectateur est face à un décor qui lui donne à rêver sans solliciter le moindre effort d’attention.

Le jeu des acteurs, qui est assez convaincant. L’acteur qui incarne « la Bête » pourrait décrocher un Molière tant son jeu d’éternel adolescent plein de mauvaise foi, de naïveté plus ou moins fausse et d’insouciance avérée nous paraît crédible. Allez ! Nous pouvons nous fendre de ce compliment : « la Bête » est plus vraie que nature.

Les dialogues sans prétention, qui déploient un humour généralement fin et efficace.

La musique, qui est diablement prenante, se déployant sur une large gamme allant du rock au jazz et servie par des musiciens très talentueux.

 

   Il demeure cependant un soucis de taille qui a beaucoup turlupiné votre serviteur. En effet si tout ce qui est écrit plus haut forge un spectacle de très bonne facture, force est de constater une faille dans le scénario : vers la fin du spectacle, on ne sait pas comment ni surtout pourquoi le personnage d'Alex disparaît tout à coup. Et la morale du conte dans tout ça ??? Dommage, car on se sentait agréablement servi jusqu’à ce que l’histoire s’achève de façon abrupte avec cette disparition sans véritable motif.

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