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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Cyrano de Bergerac

Publié par Saad sur 31 Mars 2013, 22:20pm

Catégories : #Auteurs incontournables, #Création 2013, #Les pépites du spectateur

Photos © Brigitte Enguérand
Photos © Brigitte Enguérand

Photos © Brigitte Enguérand

Texte d'Edmond Rostand - Adaptation et mise en scène : Dominique Pitoiset -- Vu le 29/03/13 à la MC2 Grenoble

 

Après avoir présenté la saison dernière un spectacle original mais difficile d’accès avec les artistes du Théâtre national des marionnettes sur l’eau du Vietnam (Le maître des marionnettes), Dominique Pitoiset fait un retour en force en s’emparant d’une œuvre phare de la littérature française : Cyrano de Bergerac.

Retour en force qui n’écarte cependant pas le désir d’originalité affiché dans le spectacle évoqué plus haut. Le Cyrano qui nous est présentement servi a en effet fait l’objet d’un gros travail d’adaptation.

 

Mise en scène moderne mais pas outrancière

   Ce qui est frappant dans cette version est l’unité de lieu. La scénographie est certes sujette à des petits changements, mais quand il est simplement question de bouger trois tables ou tendre une corde à linge, on ne peut pas dire qu’on change physiquement d’endroit. Et c’est probablement sur ce chapitre que Pitoiset marque le plus de points, car sa mise en scène ne souffre pas le moins du monde cette rigidité apparente dans le choix scénographique. Si l’histoire commence dans un hall d’hôpital psychiatrique, on suit tout à fait les déplacements de Cyrano au fil des actes grâce à la force symbolique du théâtre. Ce n’est certes pas la première fois que ce tour de magie est constaté sur une scène de théâtre, mais il faut un sacré talent de mise en scène ET d’interprétation pour y parvenir. Quant au subterfuge trouvé pour passer de ce hall d’asile à la scène du balcon, nul doute qu’il entrera dans les annales du théâtre, puisqu’il marie audace avec génie humoristique.

 

Le panache est dans l’essentiel…

   Cyrano de Bergerac est un grand sensible et Philippe Torreton le rend bien. Du grandiloquent que la légende lui prête (entendez la fameuse interprétation par Depardieu dans le film de Rappeneau) il ne garde que l’assurance. Si l’effet souhaité est de laisser plus de place à la beauté du verbe, force est de constater que la méthode fonctionne, car c’est peut être la première fois que votre serviteur aura assisté à une pièce écrite en alexandrins et cependant tout à fait compréhensible – comprenez par là qu’on saisit facilement le propos sans être largué par la musique des alexandrins. Torreton rayonne de splendeur dans ce personnage de héros poète, capable de galvaniser l’assistance avec sa verve extraordinaire comme de faire pleurer dans les chaumières, mais incapable de surmonter son gigantesque complexe pour déclarer directement sa flamme à l’objet de son désir suprême. Le casting s’avère tout aussi judicieux avec Daniel Martin, dont le personnage dénote très sérieusement dans cette adaptation. Son interprétation du comte de Guiche semble issue d’un croisement entre Louis de Funès et plus généralement le comique de gestuelle. Assurément saugrenue, cette dose supplémentaire d’humour est pourtant bienvenue dans cette version qui réussit le pari de moderniser avec génie un immense classique sans en galvauder le sens.

 

Prochaines représentations, voir ici
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