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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Das Weisse vom Ei (Une île flottante)

Publié par Saad sur 12 Janvier 2015, 00:19am

Catégories : #Hors des sentiers battus, #Auteurs incontournables

D’après La Poudre aux yeux & Un mouton à l'entresol d’Eugène Labiche -- Adaptation et mise en scène : Christoph Marthaler -- Scénographie et costumes : Anna Viebrock – Dramaturgie : Malte Ubenauf -- Collaboration à la mise en scène : Gerhard Alt -- spectacle Bilingue Français/Allemand surtitré – Photos : Simon Hallstrom – Créé au theater Basel le 21 décembre 2013 -- Vu le 8/01/2015 au TNT Toulouse

Das Weisse vom Ei (Une île flottante)
Das Weisse vom Ei (Une île flottante)

Labiche à l’avant garde du théâtre contemporain…

 

   Celles et ceux qui croient connaître Labiche par cœur risquent d’être pour le moins désarçonnés en allant voir Das Weisse vom Ei (Une île flottante). Les propositions avant-gardistes ont beau occuper un proportion relativement importante dans la création contemporaine, celle de Christoph Marthaler pourrait sortir du lot. Le metteur en scène y détourne (ça paraît plus approprié que « adapter ») deux pièces de Labiche (La Poudre aux yeux & Un mouton à l'entresol) pour mettre en oeuvre une sorte de contre pied au vaudeville tel que nous avons coutume de l’envisager. Exit donc le rythme effréné du genre avec ses répliques qui fusent et ses comédiens qui s’agitent dans tous les sens pour amuser la galerie et place à l’ataraxie. Sur le plateau changé en salon 19e siècle, c’est bien un calme plat qui règne… avec quelques grosses pointes d’impertinence. A côté des portraits au formalisme convenu se dressent des dessins plus fouillis ainsi que des masques africains dont on se demande forcément ce qu’ils font là.

   Dans ce salon où vont se rencontrer les familles Malingear et Ratinois pour marier leurs progénitures, le père et la mère Malingear ouvrent l’histoire en conversant sur un ton des plus monocordes, échangeant leurs courtes répliques en laissant passer à chaque fois au moins six coups d’une cloche qui meuble paisiblement le fond sonore. Le parti pris de Christoph Marthaler est tellement radical que certains spectateurs ne passeront pas l’épreuve de l’ennui souvent ressenti au cours de cette première demi-heure, ne comprenant évidemment pas à quoi mène ce petit jeu. On est d’ailleurs très tenté de penser que le metteur en scène a envie de flinguer la platitude de certains dialogues vaudevillesques. Mais pour les plus tenaces, la récompense est bien au rendez-vous, car entre les figures résolument caricaturales des deux familles et le retournement de tous les chassés-croisés habituels en scènes d’incommunication où le temps semble s’étirer pour mieux faire ressortir la crétinerie de chaque personnage, sans compter les running gags assez bidonnants (« Emeline ! Mettez-vous au piano et faites des roulades ! »), Marthaler parvient à désarmer le spectateur tout en déglinguant les codes habituels du genre, et les personnages de vaudeville aux actions si prévisibles se mettent à sortir du cadre tout seuls comme pour inventer leur propre occupation du plateau.

   A l’instar de cette scène où les comédiens se mettent à vider la scénographie, on peut dire de ce spectacle qu’il déménage lentement mais sûrement. Enfin, si « l’adaptation » de Marthaler paraît bien irrévérencieuse vis-à-vis de Labiche, reconnaissons lui surtout la page de renouveau qu’il parvient à déployer avec une prise de risques parfaitement assumée par les comédiens.

 

Calendrier représentations : voir ce lien

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Claire 13/01/2015 17:10

Bonjour,
Je souhaite vous inviter à une représentation, quelle démarche dois-je effectuer ?
Cordialement, Claire

Saad 13/01/2015 20:36

Bonjour, vous pouvez soit utiliser la page Contact (située dans les Onglets qui se trouvent tout en haut de chaque article) soit me joindre directement sur ce mail danslateteduspectateur@gmail.com
Cdlt
Saad

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