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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Vincent Delerm – Parallèles

Publié par Saad sur 11 Décembre 2014, 13:36pm

Catégories : #Concerts, #Cabaret- théâtre musical- danse, #Les pépites du spectateur, #Création 2014

Spectacle & mise en scène : Vincent Delerm – scénographie & conseil artistique : Aurélien Bory – photo Aglaé Bory -- vu le 9/12/14 au théâtre Sorano – Toulouse

Vincent Delerm – Parallèles

Les filles de 1973 ont de l’humour

 

   S’il y a bien un truc qui est appréciabe chez Vincent Delerm, c’est son sens aigu de la représentation. L’artiste a beau s’être fait connaître comme la plupart de ses confrères grâce à une poignée de tubes pop qui passent bien en radio, on ne se rend pas à l’un de ses concerts comme on le fait pour la plupart de ses confrères.

   On y va soit parce qu’on sait déjà qu’il est très bon dans l’exercice solitaire piano/voix, soit parce qu’on a pris un abonnement formule intégrale à la salle de spectacle et qu’il y avait Vincent Delerm dans la programmation.

   La deuxième supposition, c’est le chanteur lui-même qui la suggère dans une des savoureuses anecdotes qui émaillent sa performance en faisant parler un couple qu’il a (ou qu’il aurait... peu importe !) croisé à l’issue d’un de ses concerts. On peut dire que l’artiste n’a pas son pareil pour pratiquer l’autodérision dans la mesure où on ne voit pas quel autre chanteur pianiste s’aventure à caser des vannes bidon entre deux chansons quand ce n’est pas directement dans la chanson. Vincent Delerm a le sens du théâtre car il aime amplifier sa posture de pince sans rire assez désinvolte sans jamais forcer le trait, et il sait qu’il doit passer par ce personnage pour faire rire son public avec des babioles.

   Côté mise en scène, ce chantre du minimalisme comique est accompagné sur le plateau par un second piano… qui exécute sa partition sans interprète. On aura beau avoir déjà vu ici ou là des touches de piano s’activer toutes seules, il fallait tout de même penser à caser l’idée dans un spectacle et Aurélien Bory l’a fait, parvenant à intriguer agréablement le spectateur sans dénaturer la dimension intime du solo piano/voix. Une marque de finesse et de respect qu’on peut retrouver dans la sobriété des éclairages ou des quelques animations diapositives proposées pour illustrer certaines chansons.

   Bon… maintenant que j’y pense, il y a très probablement une troisième raison pour laquelle on se rend à un spectacle de Vincent Delerm : c’est qu’on aime bien ses chansons, qu’elles soient sans refrain, comme La vipère du Gabon, ou avec, comme dans ce tube où il ne fait qu’accroître la célébrité d’une certaine actrice…Un des points forts du spectacle réside dans la reprise du très « Divine Comedy » Les filles de 1973 ont trente ans, où le chanteur profite de la caducité du titre-refrain pour amuser la galerie – et laisser comprendre que l’autodérision est probablement le meilleur remède à notre inexorable vieillissement - tout en offrant un arrangement piano à quatre mains très subtil pour remplacer l’orchestre de la version studio. Cette chanson joyeusement remise au goût du jour est peut être celle qui résume le mieux l’esprit de ce spectacle : entre autodérision récurrente, habiles réarrangements et apport scénographique d’Aurélien Bory, Vincent Delerm rassure les amateurs qui n’ont plus tout à fait trente ans de la première heure tout en leur proposant un peu de fraîcheur. On n’en demandait guère plus.  

 

Tournée 2014-2015, voir agenda du label Tôt ou tard

A lire aussi :

Sur Vincent Delerm : Memory

Sur Aurélien Bory : Azimut

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