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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Cheval

Publié par Saad sur 8 Décembre 2014, 15:58pm

Catégories : #Création 2007, #théâtre contemporain, #Hors des sentiers battus

Conception & réalisation : Antoine Defoort et Julien Fournet – Photos : Olimpio Mazzorana & Amicale de production_Guillaume Schmitt -- vu le 6/12/14 au théâtre Garonne - Toulouse

Cheval
Cheval
Cheval

Un chouette spectacle avec des bémols…

 

   Sur le dossier de presse qui présente Cheval, les concepteurs et interprètes, Antoine Defoort et Julien Fournet, annoncent : « On s’est appliqué à concevoir ce spectacle comme un traité abstrait du ricochet au cours duquel on essaye de faire rebondir des objets mous (idées, concepts ou stratagèmes) sur des surfaces dures (écrans, guitares ou piano) ».

   Voilà bien le genre d’introduction qui pourrait faire fuir les ¾ du public, mais ce serait sans compter la bonne dose d’humour qui anime ses inventeurs, joyeux duo de performers manifestement doué dans l’art d’exploiter les ressources de la technologie numérique pour les mettre au service d’un spectacle de bric et de broc. 

   Sur le plateau, il y a donc côté cour des ordinateurs portables disposés sur un établi abrité par le filet d’une cage à buts et côté jardin un écran géant tactile spécialement conçu par ces MacGyver du spectacle vivant. En fond de scène enfin, il y a un système de poulies servant à faire apparaître une toile pour projections vidéo. Et pour atteindre celui-ci, il parait nécessaire de grimper sur le piano situé juste en dessous, non sans avoir sauté sur son clavier…

   L’attirail technique est donc conséquent mais c’est bel et bien un esprit purement fantaisiste qui mène la performance, tellement fantaisiste qu’il ne faut pas chercher le moindre point de mire entre l’objet, un précis de musicologie, et sa mise en œuvre particulièrement potache. Pour le spectateur un tant soit peu exigeant, c’est là qu’apparaît le principal soucis de la performance : sans fil conducteur apparent, Cheval figure comme un enchaînement de sketches qui sont dès lors soumis à une hiérarchie de l’efficacité drolatique, et rien d’autre. On rit de bon cœur à certains moments (notamment lorsqu’Antoine Defoort exploite très habilement la musicalité des commentateurs de foot), mais on baille aussi à d’autres moments (notamment lorsque le duo croit bon de jouer à la pelote basque avec des guitares et des ballons de foot, et qu’il massacre dans la foulée la beauté mélancolique du fabuleux Falling - composé par Angelo Badalamenti et David Lynch) et quand le duo arrête sa conférence burlesque sur un numéro un peu poussif, on ne garde jamais que le souvenir d’un spectacle « relativement » amusant. De bonnes idées idées et des bémols...

 

Représentations, voir le calendrier de la compagnie

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