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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Trust

Publié par Saad sur 30 Octobre 2014, 16:36pm

Catégories : #Création 2014, #*, #théâtre contemporain

Texte : Falk Richter -- Traduit de l'allemand par Anne Monfort -- Une création du GROUPE MERCI -- Mise en scène et conception : Solange OSWALD, Joël FESEL -- Photos par Luc Jennepin & C. Raynaud de Lage - Vu le 29/10/2014 au TNT-Toulouse

Trust
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Falk Richter en dents de scie

 

   Créée en 2009 à la Schaubühne de Berlin, Trust  se déroulait alors comme « une pièce de danse théâtre mettant en scène la fragilité des relations humaines sur fond de crise économique. […] Falk Richter explique : “Dans une situation où les hommes sont surmenés, sans cesse incités à produire, à s’inventer et à se vendre, tout d’un coup la seule valeur dans laquelle on a encore confiance, l’argent, s’effondre”. D’où le titre, "TRUST", confiance en anglais.»*

   Cinq ans plus tard, c’est au tour du Groupe Merci de s’emparer de la pièce. Impressions ? Elles sont favorables lorsqu’on entre dans le petit théâtre du TNT, le spectacle commençant de façon protocolaire en faisant patienter le public autour de la scène, pour assister à la descente de la structure métallique où sont suspendus les projecteurs. Les spectateurs peuvent alors prendre place et l’effet d’immersion dans une zone qui promet à la fois d’être froide et passionnante fonctionne.

   On est cependant très vite mitigé par le bal des saynètes qui va suivre, la première consistant en un long monologue assez foutraque qui finit sur la citation de quantités d’artistes et d’intellectuels, alors que le comédien pose un à un les livres cités tout autour de la scène. Cerveau noyé par un passage qu’on retient plus comme un moment de pédantisme maladroit. Le reste apportera heureusement un peu plus de chair à l’univers glacé et souvent accablant (mais hélas clairvoyant !) de Falk Richter dont l’écriture fouillée ne semble distribuer un peu de chaleur que par la raillerie ou l’interprétation très pieuse (on pense ici à la réussite de My secret Garden, co-mis en scène par Falk Richter et Stanislas Nordey). 

   Parmi les scènes qui évitent donc l’écueil de la lamentation directe sur le monde tel qu’il est on retiendra le cours collectif de Chinois, l’invitation à consulter un psy ou la prise de risque pour faire son intéressant et surtout la scène où Catherine Beilin incarne une névrosée aussi vénale que fantasque, filmant son visage en gros plan avec retransmission en direct pour mieux grossir le délire du personnage.

   On imagine que si ces quelques moments de drôlerie ne parviennent pas à faire véritablement décoller la pièce dans son ensemble, c’est parce que l’impression que tout ce beau monde cherche à prouver quelque chose l’emporte sur un véritable désir de jouer. Et la structure beaucoup trop fragmentaire du texte n’aide évidemment pas ces comédiens à donner de l’épaisseur aux différents personnages convoqués. Oui, tout ça parait trop scolaire pour qu’on s’enthousiasme au-delà de la politesse convenue.

*extrait de la présentation de la pièce disponible sur le site de Falk Richter

 

Représentations :

A TOULOUSE, jusqu’au 31 octobre 2014, avec le Théâtre National de Toulouse.
– TARBES, les 7 et 8 novembre 2014 avec Le Parvis, Scène Nationale Tarbes-Pyrénées.
– BOUSSENS, le 15 novembre 2014, avec Pronomade(s) en Haute Garonne, centre national des arts de la rue.
– BRIVE, les 29 et 30 janvier 2015 avec Les Treize Arches, Scène conventionnée de Brive.    

 

Parentés théâtrales repérées dans la tête du spectateur:

Le guide du démocrate (par la Cie Kiss My Kunst)

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