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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Lettres à nos hommes qui sont là-bas

Publié par Saad sur 4 Octobre 2014, 12:57pm

Catégories : #Création 2008, #Adaptation théâtrale, #Les pépites du spectateur

Lettres à nos hommes qui sont là-bas

Texte : auteurs divers ayant pris la plume en 14/18 – Mise en scène : Michel Mathieu Compagnie : Théâtre de l'Eclat – Photo : Djeyo – vu le 30/09/14 au théâtre du Grand Rond-Toulouse

 

A l’occasion du centenaire de la guerre de 14-18, le théâtre du Grand Rond reprogramme le spectacle Lettres à nos hommes qui sont là-bas, créé il y a déjà 6 ans à la Cave Poésie. Des pages de littérature écrites avec le cœur et portées à la scène par un comédien hors pair. 

   A l’instar de ces lettres aussi belles que méconnues, Jean-Pierre Tailhade est un comédien aussi imposant que discret. Capable de jongler avec tous les registres avec une aisance déconcertante, le comédien connu pour avoir participé à la fondation du théâtre du  trouve dans ce pot-pourri de lettres un défi à la hauteur de sa compétence. Jean-Pierre Tailhade ne procède pas à une lecture de ces écrits, comme laisserait à penser le titre du spectacle, mais incarne littéralement les auteur(e)s de celles-ci. C’est bien la force de cette performance que de donner vie à ces oubliés de l’histoire, mettant en scène une galerie de personnages tous plus justes les uns que les autres. Le spectre est large car ces écrits qui traduisent le manque affectif passent aussi bien par la légèreté, comme cette anecdote humoristique qu’une femme envoie à son homme puisqu’il lui réclame « des rigolades », que la gravité la plus noble, mais aussi la plus ridicule, comme cette lettre d’un ancien institeur aussi pontifiant qu’imbu de sa personne, et dont l’orgueil pousse à associer son talent de poète publiant ses exploits dans un hebdomadaire à l’engagement de ce neveu qui risque sa vie au quotidien dans la boue des tranchées. Probablement le moment le plus réjouissant du spectacle tant ce rôle de littérateur très vieille France sied parfaitement à la mine grave et austère d’un comédien qui joue en même temps des ressorts comiques avec une finesse rarement égalée.

   Il y a aussi et enfin des lettres littéralement troublantes d’humanité, comme celle de ce père qui après avoir été informé de la désobéissance militaire initiée par son fils, rédige une réponse où l’amour inconditionnel et viscéral des parents semble l’emporter sur le déshonneur dans lequel la famille se dit plongée. On passera donc outre le déroulement un peu basique de ce spectacle qui se contente d’enchaîner différentes lettres, généralement accompagnées à l’accordéon par le sobre et virtuose Didier Dulieux, car ce serait chipoter sur un bémol emporté par des plumes inspirées et une interprétation exceptionnelle.

 

Représentations :

Jusqu’au samedi 11 octobre 2014 à 21h au théâtre du Grand Rond-Toulouse (Relâches les dimanche et lundi)

+ Le 17 octobre à l’Escale - Tournefeuille

 

Parenté théâtrale :

Ecrits d’amour, texte de Claude Bourgeyx,  mis en scène et interprété par Jean-Claude Falet – Compagnie Label étoile

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