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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


La fausse suivante

Publié par Saad sur 23 Octobre 2014, 16:58pm

Catégories : #Auteurs incontournables, #Création 2013, #Théâtre & Réflexion

La fausse suivante

De Marivaux, par le collectif FAR -- Vu le 22/10/14 au théâtre du Pavé – Toulouse -- photo : Djeyo / Le Clou dans la Planche

 

A quoi servent les grands comédiens ?

   C‘est avec cette question que j’ai envie d’ouvrir ce billet sachant que le collectif FAR m’a recadré les idées pas plus tard qu’hier, alors que j’assistais pour la seconde fois en deux ans à une représentation de La fausse suivante, la première correspondant à une mise en scène de Nadia Vonderhayden (création 2011), à laquelle je n’avais d’ailleurs pas compris grand-chose. Dans la mise en scène du collectif FAR, toute l’intrigue m’a paru compréhensible, alors que ni mon QI ni le texte de Marivaux n’ont changé entre les deux représentations (un certain relâchement est même probable pour le premier…) J’ajouterai que j’ai pris bien du plaisir à voir s’agiter tout ce beau monde alors que toutes les cellules de ma cervelle étaient occupées à décrypter la langue exigeante de cette série de marivaudages articulée sur une intrigue à moult rebondissements (pour résumer de façon très sommaire : l’amour contractualisé et le besoin impérieux de redresser les torts qu’il cause par Mlle Le Chevalier).

   Pour aider à faire passer des messages d’une grande subtilité, Marivaux avait apparemment compris que la parure linguistique devait être tout aussi raffinée. Le collectif FAR semble quant à lui avoir compris qu’il faut du corps et une scénographie complètement sobre pour déployer un texte aussi exigeant sur un espace scénique. Le plateau est donc habillé par les seuls éclairages qui mettent en lumière les comédiens généralement entourés de pénombre. Pas forcément original mais assurément efficace, d’autant que le jeu de ces acteurs aguerris offre un véritable plaisir de comédie, se payant même le luxe d’inscrire deux passages au panthéon des scènes les plus drôles de la production théâtrale contemporaine (la faute à Denis Rey et Olivier Jeannelle qui campent respectivement Frontin/Arlequin et Trivelin).

   A quoi servent donc les grands comédiens ? Hé bien dans le cas présent : à transmettre avec force talent du théâtre classique auprès de tous ceux qui, comme votre serviteur, sont peu enclins à remonter la généalogie de cet art au-delà du XXe siècle.

 

 

Autre marivaudage repéré dans la tête du spectateur :

La dispute, mise en scène de Beata Nilska - Cie l’As de Trèfle

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