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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Le Crépuscule des Idiots, théâtre musical d'objets poétiques

Publié par Saad sur 29 Juillet 2014, 13:52pm

Catégories : #Concerts, #Avignon OFF 2014

Le Crépuscule des Idiots, théâtre musical d'objets poétiques

Ecriture : Daniel Hélin, accompagnement musical : Margaret Hermant -- vu le 23 juillet 2014 dans le OFF d’Avignon

 

   Quand Daniel Hélin et son accompagnatrice, Margaret Hermant, débarquent sur la petite scène du Théâtre littéraire Le Verbe Fou, le performer belge à la silhouette ronde demande au public de lui autoriser une nouvelle entrée sur scène qui fasse plus star car il est « une vraie pétasse » qui adore se faire acclamer. Une requête potache et un commentaire goguenard qui donnent le ton : on n’est pas là pour se prendre la tête. D’ailleurs on va même rigoler à certains moments.

   Avec son théâtre musical d'objets poétiques, Daniel Hélin est le genre d’artiste qu’on va écouter autant pour ses morceaux que pour ses petits billets d’humeur ou anecdotes qu’il glisse entre chaque chanson. Après avoir annoncé qu’il était capable de parler 40 minutes à chaque pause, il enchaîne avec la chanson de son coming out, celle où il explique son amour pour une vache. S’ensuit alors une anecdote grave sur le courage qu’il a dû mobiliser pour surmonter sa peur de découvrir le nouveau visage d’un ami brûlé dans un accident. On pourrait se demander ce que vient faire une confession aussi profonde après une grosse blague, mais Daniel Hélin rapporte les faits avec tellement de sincérité qu’on oublie le passage du coq à l’âne, et qu’on se laisse toucher par ce bonhomme qui n’a pas peur de reconnaître une faille dans son parcours de terrien. Après avoir interprété une chanson en hommage à son ami, il poursuit le show avec un slam intitulé Mécréant, 10000 ans d’idées et assène un réjouissant « Bon, maintenant ! Je crois que vous êtes prêt pour affronter un tube ! », juste avant de donner une savoureuse définition du « tube ». À ce stade du spectacle, les 10 festivaliers égarés dans la salle du  Verbe Fou ont suffisamment adopté Daniel Hélin pour lui accorder leur pleine confiance, c’est ainsi qu’à sa demande ils sont prêts à « brayer » le refrain de J’aurais voulu être Jésus, à moins qu’il n’y ait des grenouilles de bénitier dans la salle.

   Au bout d’environ 1h15 de prestation toute en proximité et partage, l’artiste vient de décrocher ce qui pourrait être la palme de la convivialité. C’est tellement plus honorable que de se faire acclamer comme une vraie pétasse  rock star…

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