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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Hôtel du fleuve sous le pont

Publié par Saad sur 29 Juin 2014, 14:57pm

Catégories : #Ateliers - Amateurs

Hôtel du fleuve sous le pont
Hôtel du fleuve sous le pont
Hôtel du fleuve sous le pont

Texte : Henri Roullet, mise en scène : Katia Juillard – Cie des Chats Garous - Photos : Renaud Guilhou & CoFy Photographes -- Vu le 27/06/14 à La Guinguette-Fontaine

 

Quelle meilleure opportunité que Les nuits des Chats Garous pour découvrir une partie du répertoire défendu par la très dynamique compagnie des Chats Garous ? Après l’interview accordée par la fondatrice Katia Juillard pour présenter l’événement, petit retour sur la pièce qui a ouvert le festival.

 

Inspiré par le film de Jean Renoir « Boudu sauvé des eaux », où un clochard dépressif est sauvé de la noyade par un bourgeois qui le prendra ensuite sous son aile, l’auteur contemporain Henri Roullet revisite la trame en inversant notamment les rôles. C’est ainsi que Mylène, jeune bourgeoise au bout du rouleau, voit sa tentative de suicide échouer par l’intervention de Tina, jeune SDF témoin de la scène. Ramenée sur la berge où Tina squatte avec Juliette, ancienne baba-cool et soixante-huitarde qui chante Brassens en s’accompagnant au djembé, la rencontre entre les deux milieux cédera vite la place à trois portraits de femmes réunies par une question aussi universelle que le dépit amoureux. Si la pièce accuse quelques longueurs (1h50 pour un huis clos à ciel ouvert), l’écriture d’Henri Roullet a de quoi séduire les oreilles les plus exigeantes, la gouaille de Tina et Juliette débouchant régulièrement sur de savoureux traits d’esprit (voir extrait ci-dessous). A relever aussi, le niveau d’interprétation des trois comédiennes, et particulièrement celui de Claudie Laurent, qui campe à merveille Juliette, la vieille râleuse au grand cœur, et démontre au passage que le théâtre amateur peut offrir de belles performances. On ne s’étonnera pas alors que ce spectacle ait tout récemment décroché le prix du Public au festival des Escholiers (festival de théâtre amateur sur Annecy).

 

TINA : Justement, c’est moi que je lui ai sauvé la vie. Je peux bien savoir pourquoi qu’elle voulait se buter.

JULIETTE : Putain, t’es chiante. Elle t’a pas forcée à plonger, alors elle te doit rien. Fous-lui la paix et à moi aussi par la même occasion. D’ailleurs, il est temps de mettre la viande dans le torchon. (Elle se couche par terre dans une couverture) Tu devrais faire pareil, Mylène.

MYLÈNE : Oui. Mais…

JULIETTE : Quoi ?

MYLÈNE : J’aurais besoin d’aller aux toilettes.

JULIETTE : Ben, c’est par là-bas. Y a un coin tranquille où tu peux pisser directement dans la Seine.

MYLÈNE : Dans la Seine ?

JULIETTE : Ouais. Là où tu prends des bains.

MYLÈNE : (Dégoûtée) J’ai sauté là où vous faites vos besoins ?

JULIETTE : Excuse-nous de pas avoir mis un panneau « WC », on savait pas qu’on aurait du monde. Mais je te ferai remarquer qu’il y avait pas non plus de panneau « Salle de bains ».

©° Henri Roullet

 

Prochaines représentations: voir agenda de la compagnie

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