Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Nos amours bêtes

Publié par Saad sur 30 Avril 2014, 13:12pm

Catégories : #Danse, #Pour petits & grands, #Création 2013

Nos amours bêtes

Chorégraphie et mise en scène Ambra Senatore -- Texte et dramaturgie Fabrice Melquiot d’après le conte populaire islandais La Peau de la phoque - Photo © Elisabeth Carecchio. Vu le 29/04/14 à l’Hexagone-Meylan

 

Joyeuse et hermétique : La Peau de la phoque… sans fil

 

   Que retenir de Nos amours bêtes ? C’est bien avec cette question qui laisse perplexe que l’on peut sortir du théâtre. Qu’y a-t-il a juste dans cette pièce avant tout adressée au jeune public ?

 

   Le texte est inspiré d’un conte populaire islandais intitulé La Peau de la phoque, et évoquant la rencontre entre un homme et une femme qui n’est autre que l’incarnation d’une phoque dont il a volé la peau….. (Voir texte complet en fin d’article)

   Quid de la mise en scène ? Sur le plateau, cinq danseurs comédiens s’adonnent à des jeux d’enfants qui consistent notamment à attraper un objet avant les autres tout en respectant des règles de postures et déplacements. Passe encore que l’on ne comprenne pas forcément à quoi ils jouent étant donné l’entrain et l’esprit bon enfant que déploie cette troupe de joyeux drilles. Là où le bat blesse en revanche, c’est qu’il faut sérieusement se prendre la tête pour arriver à saisir quelque chose dans cette reconstitution complètement éclatée (paradoxal mais véridique !) de ce conte populaire islandais.

    L’histoire est en effet livrée via le principe de jeux auquels s’adonnent ces cinq  personnes,  c’est ainsi que le conte morcelé se retrouve parfois donné sous forme d’énigmes du père Fouras. Le problème est que si les concepteurs de ce spectacle (Ambra Senatore à la Chorégraphie et la mise en scène et Fabrice Melquiot au texte et à la dramaturgie en interaction avec l’équipe de danseurs) ont dû bien s’amuser pendant les sept semaines de travail nécessaires à la réalisation de ce projet, le résultat relève plus d’un spectacle qui prend comme prétexte l’adaptation d’un conte pour mener à bien son délire (et là on bascule dans l’hermétisme) que celui d’un spectacle qui a le soucis de porter clairement le propos de ce conte à la scène. D’autant plus frustrant que la morale d’un conte suffit déjà amplement à solliciter les neurones du spectateur sur les différentes interprétations possibles, et celle de La Peau de la phoque ne manque pas de questionnements. Au final donc : plus de plaisir à lire directement ce conte (aussi bien la version ci-après et figurant dans le dossier pédagogique qu’une autre disponible sur ce lien) qu’à voir cette transposition scénique où l’écriture est tellement décousue qu’elle paraît presque hors sujet.

 

Représentations, voir ici

« Il y avait une fois dans le Myrdalur, à l’est, un homme qui marchait le long des rochers au bord de la mer, un matin de bonne heure, avant que les gens ne se lèvent. En arrivant à l’entrée d’une grotte, il entendit qu’on dansait à l’intérieur, et, dehors, il aperçut quantité de peaux de phoques. Il en prit une, l’emporta chez lui et la mit dans un coffre qu’il ferma à clé.

Plus tard dans la journée, il repassa devant l’entrée de la grotte ; une jolie jeune fille y était assise, toute nue, et elle pleurait beaucoup. C’était le phoque à qui appartenait la peau que l’homme avait emportée. Il donna des habits à la jeune fille, la consola et l’emmena à la maison. Elle lui était attachée, mais ne se lia pas d’amitié avec les autres. Souvent elle s’asseyait et regardait la mer.
Au bout de quelque temps, l’homme l’épousa, et ils s’aimèrent et eurent des enfants. Le paysan gardait toujours la peau enfermée dans un coffre et portait la clé sur lui, où qu’il aille. Un jour, bien des années après, il alla en mer en oubliant la clé sous son oreiller. D’autres disent que le paysan était parti à la messe de Noël avec ses domestiques, et que sa femme était malade et n’avait pas pu l’accompagner ; il n’avait pas pensé à retirer la clé de la poche de ses habits de tous les jours, quand il s’était changé ; mais lorsqu’il entra, le coffre était ouvert, et sa femme et la peau avaient disparu. Elle avait pris la clé, ouvert le coffre par curiosité et trouvé la peau ; alors elle n’avait pas pu résister à la tentation, elle avait pris congé de ses enfants, enfilé la peau et plongé dans la mer. Auparavant, à ce qu’on raconte, elle aurait murmuré : "Je suis bien embarrassée, j’ai sept enfants dans la mer et sept enfants sur la terre."
On dit que l’homme en fut très affligé. Par la suite, lorsqu’il allait à la pêche, un phoque tournait souvent autour de sa barque et on aurait dit que des larmes coulaient de ses yeux. Désormais, l’homme pêchait toujours en abondance et il avait souvent beaucoup de chance. Lorsque les enfants du couple longeaient
la côte, les gens voyaient souvent un phoque qui nageait devant eux dans la mer, aussi bien quand ils marchaient sur la terre ferme que sur la plage, et qui leur lançait des poissons de toutes les couleurs et de beaux coquillages. Mais leur mère ne revint jamais à terre.

dossier pédagogique réalisé par le CRDP de Paris

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents