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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Et Pourquoi Pas La Lune ?

Publié par Saad sur 16 Mars 2014, 00:21am

Catégories : #Clown & acrobatique, #Cabaret- théâtre musical- danse, #Création 2014

Et Pourquoi Pas La Lune ?
Et Pourquoi Pas La Lune ?
Et Pourquoi Pas La Lune ?

Texte et jeu : Cédric Marchal -- Mise en scène et chorégraphie : Thomas Guerry -- Marionnettes, manipulation et jeu : Aïtor Sanz Juanes -- photos: Isabelle Fournier

 

 

Clown lunaire ?

 

Voilà bien quelques temps qu’on n’avait pas vu un spectacle aussi joyeusement bordélique  que Et Pourquoi Pas La Lune ? Face à la proposition de son auteur et brillant interprète, Cédric Marchal, on ne peut que répondre : Pourquoi ne pas se laisser embarquer ?

 

   A celles et ceux qui ont déjà interprété le titre par « et pourquoi pas décrocher la lune ?», disons le tout de go, la lune est décrochée dès le tout début du spectacle pour laisser place à une face de clown pour le moins facétieux. Ça c’est fait. Mieux vaut en effet assister à un spectacle bien monté que de voir un (pseudo)poète essayer de décrocher un (dés)astre, parole de spectateur expérimenté.  Tant pis d’ailleurs si ça ne correspond pas forcément à l’intention de ses concepteurs, le fait étant que Et Pourquoi Pas La Lune ?  se distingue plus par sa mise en scène et son interprétation que son propos, qui ne parait pas suffisamment maîtrisé pour marquer les esprits. 

 

Est-ce que c’est grave Docteur ?

   Hé bien non, car Cédric Marchal, alias MC (= Maître de cérémonie) déploie un sacré charisme avec sa faconde aux accents polyglottes régulièrement ponctués par des rires à la fois joyeux et sardoniques. Peu importe ce qu’il nous raconte, tant l’incarnation loufoque prend le pas sur le propos. Et quand, dans les premières minutes du spectacle, la tête de clown qui jouait jusqu’alors avec le rideau de scène se fait happer par une sorte de trou noir pour se retrouver plongée en apesanteur, on se dit qu’on peut débrancher les neurones et laisser agir les sens face à un spectacle aussi libre et déjanté. Cette impression qu’il serait bon de se laisser aller pour mieux aller voir ailleurs si l’herbe est plus verte n’est d’ailleurs que plus renforcée par les quatre écrans latéraux qui viennent de temps en temps soumettre l’attention du spectateur à un zapping frénétique d’informations aussi mauvaises qu’inutiles, bien qu’elles soient annoncées par de vraies têtes de c…lown.  

 

Ailleurs qu’ici bas.

   Auteur et metteur en scène semblent donc bien au fait que nombre de dépressions naissent d’une trop grande attention portée aux vicissitudes de ce bas monde et cette surexposition à la pollution médiatique si clairement soulignée par la mise en scène ne peut que pousser à retourner voir ce qui se passe sur le plateau, d’autant que le lieu est habité. Tout d’abord par un dédale de trois escaliers aussi imposants que mobiles, et tour à tour par divers personnages tels qu’une discrète gardienne d’immeuble toujours affairée avec son balai, une certaine Ilga qui prodigue des cours de danse et qui est manifestement « perchée » et puis surtout Monsieur Raymond, marionnette toute en rondeurs représentant une sorte de double sensible (et drôlement sympathique) du MC. Autant de personnages qui prennent vie grâce à un jeu de transformisme, doublures et marionnettes convaincant et qui enrichissent cet étrange cabaret drolatique de tours de passe-passe fort bienvenus.

   Le parti pris par la compagnie peut sembler un peu radical avec une sophistication de la forme qui prend le pas sur le fond, mais les bonnes ondes demeurent bien présentes et le spectacle est bien barré pour changer le plateau en piste de décollage, avec nombre de sensations appréciables au programme.

 

Représentations

Au théâtre 145 - Grenoble, du 18 au 22 mars


à lire aussi: la critique d'Echoa, spectacle conçu par le metteur en scène de ce spectacle, Thomas Guerry, et  son complice Camille Rocailleux / Cie Arcosm.

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