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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Tragédie

Publié par Saad sur 26 Janvier 2014, 22:54pm

Catégories : #Création 2012, #Danse, #*, #Souriez: vous êtes critiqués

Création Olivier Dubois --Assistant à la création Cyril Accorsi --Musique François Caffenne -- photos : François Stemmer -- Vu le 23/01/2014 à la MC2-Grenoble

Tragédie
Tragédie

   Quand on voit la bande annonce de Tragédie, au montage magistral, on se dit qu’on irait bien voir de plus près ce spectacle pour le moins intriguant.

   Et le verdict est hélas bien mitigé, pour ne pas dire un peu décevant. On a beau être préparé à ce que la première partie soit un peu répétitive – après avoir lu la critique du PB, il est difficile de ne pas finir par se lasser à la vue de ces pérégrinations qui finissent par tourner à vide au bout d’un quart d’heure. Certes, on est tout disposé à croire qu’un temps d’adaptation à la nudité totale des danseurs soit bienvenu – et peut-être même nécessaire – mais cette répétition n’en est que plus lassante dans la mesure où la bande son qui accompagne le spectacle dans sa première moitié consiste en la diffusion d’un beat électronique qui ne bouge pas d’un iota… et quand ce son est diffusé à un volume qui heurte les oreilles, là c’est franchement gênant. Radicalité du propos ou pas. D’autant que la radicalité musicale a déjà été illustrée de façon o combien plus convaincante par des groupes ou musiciens de tous bords. Pour prendre juste un exemple connu parmi tant d’autres : Frank Zappa, radical dans son approche de la composition comme de l'interprétation (ultra complexe) mais toujours très audible. 

   Arrive ensuite le crescendo musical et avec lui l‘activation des corps. Quand la chorégraphie propose des déplacements sous forme de masse sur des pas qui font penser à de la danse irlandaise (sur la pointe des pieds et les mains dans le dos) et sous des éclairages qui font ressortir la couleur de la peau humaine de manière inédite, il y a effectivement de quoi crier au génie. Mais quand il est question d’illustrer le malaise par des corps qui basculent individuellement dans la folie en tremblant et en s’agitant n’importe comment sur une bande son totalement bruitiste, on se dit qu’on rebascule dans un travers hélas trop récurrent du spectacle vivant contemporain à savoir l‘illustration systématique du chaos ou du malaise sans plus d’imagination que ça, avec un volume sonore toujours saturé ET des images brut de décoffrage.

   En somme : si le dénuement des danseurs invite à développer un regard nouveau sur la notion même de représentation (…), celui de la bande son renvoie à tout ce qu’il y a de plus désespérément conventionnel et glacé dans le théâtre contemporain. On retourne voir la bande annonce…

 

Bonus Danslateteduspectateur : les citations auxquelles vous auriez pu échapper.
« Les danseurs sont à poil mais le concepteur de la bande son peut aller se rhabiller ! » un voisin de rangée.
« Boum – Boum – Boum – boum et puis ensuite rzzzzzzzzzzzpppppppshtttakkrzakk rrrrrrrrrhaboum patatataf » un voisin qui a résumé la bande son du spectacle et qui avait oublié de mettre ses boules quies.
« Boum – Boum – Boum – boum rzzzzzzzzzzzpppppppshtttakkrzakk rrrrrrrrrhaboum clic clic, c’est glacé mais avec la canicule ça passe bien » un voisin qui a lu l’article.
« wah la Tragédie ça déchire !! Ça envoie Dubois ce spectacle» un voisin avec des boules quies qui a voulu faire un calembour.
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