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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Mon traître

Publié par Saad sur 22 Janvier 2014, 12:43pm

Catégories : #Seul en scène, #théâtre contemporain, #Création 2013, #Les pépites du spectateur, #Adaptation de romans, #Adaptation théâtrale

D’après Mon traître et Retour à Killybegs de Sorj Chalandon -- Adaptation d’Emmanuel Meirieu et de Loïc Varraut -- Mise en scène d’Emmanuel Meirieu -- photo : Mario del Curto

Mon traître

Verbe et pathos

   Grand moment de littérature et d’émotion que Mon traître, adaptation théâtrale de deux romans de Sorj Chalandon formant un diptyque, le premier (Mon traître) donnant le point de vue d’un homme trompé par celui qu’il prenait pour un ami, et le second (Retour à Killybegs) développant la biographie du traître en question, avec comme cadre décisif la lutte armée pour l’indépendance de l’Irlande du Nord.

   Au sortir de Mon traître, le constat le plus parlant est probablement celui qu’Emmanuel Meirieu et sa compagnie sont parvenus à déployer un moment de théâtre captivant avec deux longs monologues durant lesquels les comédiens ne bougent quasiment pas. Comment se fait-il en effet qu’un spectacle à la forme a priori aussi ennuyeuse dégage autant d’émotion ?

  Concernant le choix des textes, Sorj Chalandon est manifestement une valeur sûre, l’homme étant aussi bien estimé comme journaliste que comme romancier, accumulant succès critique et distinctions prestigieuses dans ces deux champs de l’écriture. Si on ajoute à cela le travail d’adaptation fourni par Emmanuel Meirieu et de Loïc Varraut (« 120 000 mots dont il n’en reste que 6 000 »*), on saisit mieux l’aspect essentiel de cette partition épurée au mot près. Dans ce théâtre où le travail sur le verbe paraît central, la vocation de ce dernier n’en demeure pas moins d’émouvoir le public.

   Entre cette partition incarnée par deux comédiens plongés dans leurs personnages et le halo de lumière qui les ôte de la nuit pluvieuse échouée sur le plateau, les conditions sont idéales pour déployer une écoute religieuse et se laisser embarquer par le récit de ces deux individus, celui du traître étant particulièrement poignant, probablement car le contexte du conflit nord-irlandais y est plus développé. Contexte qui ne peut que brouiller les cartes de la responsabilité et rendre ce traître o’ combien plus humain, et dont on ne sait trop au final s’il n’est pas plus à plaindre qu’à blâmer.

 

Représentations 2014:

Jusqu’au 25 janvier à la MC2 Grenoble

Le 4 février à Le Mail - Soissons

* voir l’article du Petit Bulletin Grenoble N°916

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