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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Brand, une échappée

Publié par Saad sur 17 Janvier 2014, 12:08pm

Catégories : #théâtre contemporain, #Théâtre & Réflexion, #Création 2012

Brand, une échappée

D’après le texte d‘Henrik Ibsen, écriture et mise en scène : Benjamin Moreau -- Photos : Florent Pouvreau -- Vu le 16/01/14 au Théâtre 145 – Grenoble

Brand, une échappée est un texte écrit à partir de la pièce d’Henrik Ibsen (Brand), auteur dramatique majeur du 19e siècle. Lorsqu’on compare ce qu’on a vu - et surtout entendu – avec le résumé Wikipedia de la pièce, on comprend mieux l’ajout dans le titre.

Brand, un débat politique ? 

C’est ainsi qu’on aurait envie de questionner la pièce, qui paraît centrée sur l’opposition de deux idées incarnées à travers les personnages de Brand et « le bailli » (équivalent de maire d’une commune). Brand, jeune homme venant d’hériter d’une très vaste propriété dans sa région natale, reçoit la visite du bailli qui, soucieux de maintenir son pouvoir politique, aimerait racheter, du moins récupérer, les terres de Brand. Or ce dernier tient à garder ses terres et campera fermement sur sa position. De cette opposition découle alors un argumentaire qui vaut son pesant de réflexion sur le débat « retour à la terre / nécessité de progrès », sachant que le texte développe beaucoup plus les conséquences néfastes du progrès, via notamment une satire claire et nette sur les politiques actuelles en charge de la culture et de l’environnement.

Une difficulté apparaît alors pour le spectateur sachant que l’accaparement du pouvoir et les moyens d’y parvenir (en l’occurrence de s’y maintenir) provoque le débat susnommé tout en troublant les cartes. Faut-il alors distinguer les pensées des personnages qui les incarnent ?

Possible… reste que « nous sommes au théâtre », comme le rappelle si bien le personnage en charge des prologue et interlude, et qui mérite au passage une décoration, Jérémy Marchand n’ayant pas son pareil pour incarner le summum de la ringardise sans lâcher le moindre rictus. Un parfait pince sans rire à travers qui l’humour semble se déployer dans des câbles haute tension. Les autres comédiens ne sont d’ailleurs pas en reste quant à la qualité de jeu, Patrick Zimmerman se distinguant particulièrement, probablement grâce à cette voix et cette intonation de personnage qui hésite entre diplomatie et crapulerie assumée. Ses tâtonnements sont aussi réjouissants à entendre que ceux de Michel Galabru, et sa partition doit aussi y être pour quelque chose.

Avec son côté farce, Brand, une échappée rappelle que nous sommes donc bien au théâtre, mais un théâtre au texte exigeant, qui dénote un gros appétit de réflexion. Celle-ci déborde même au point que le cadre n’est pas simple à cerner et la remarque qui clôt le spectacle ne semble que l’ouvrir davantage. A tester.

Représentations

du 16 au 18 janvier au Théâtre 145 – Grenoble
Brand, une échappée
Brand, une échappée
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