Overblog
Editer l'article Suivre ce blog Administration + Créer mon blog

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Borges vs Goya

Publié par Saad sur 27 Novembre 2013, 12:39pm

Catégories : #théâtre contemporain, #Théâtre & Réflexion, #Création 2008

Borges vs Goya

Textes de Rodrigo García / mise en scène : Arnaud Troalic / Compagnie Akté / photo : Olivier Roche -- Vu le 26/11/2013 à la MC2-Grenoble

 

Avec Borges vs Goya, le metteur en scène Arnaud Troalic réussit une performance plutôt rare au théâtre : la cohabitation de deux monologues qui n’ont a priori pas grand chose en commun.

   Quelle similitude en effet entre Borges, qui évoque le désir d’un fils de boucher rêvant de briller auprès de son idole, l’écrivain du même nom, et Goya, qui parle d’un quinquagénaire soudain pris d’une lubie : liquider son compte en banque en allant visiter le musée du Prado avec ses enfants, un philosophe accompagnateur, du jambon haut de gamme, des bouteilles de Makalan ainsi que de la coke et des putes (cela va souvent de pair en littérature) ? Probablement le joyeux cynisme qui habite ces deux récits, et la narration à la première personne du singulier.

   Les deux histoires sont très railleuses, Borges suggérant un regard très goguenard sur l’idolâtrie d’un adolescent pour un écrivain et son besoin de briller à tout prix par l’intellect tandis que Goya dispense à diverses reprises des critiques sur la bêtise individuelle engendrée par la société de consommation. C’est à vrai dire plus brouillon que ça dans le texte, les propos graves s’entremêlant à des caricatures et autres fantaisies qui embarquent le texte sur un terrain plus large : celui de la fiction littéraire avec du fond philosophique.

   L’écriture vaut donc son pesant d’or pour provoquer à la fois réflexion et divertissement, ce dernier étant plutôt bien relayé par la mise en scène, qui propose une cohabitation des textes au sens littéral du terme puisque le plateau est divisé en deux parties égales, les épisodes de chaque récit se jouant en alternance, et dans une langue différente de surcroît (Goya étant joué en Espagnol sur-titré en Français). Désir de mettre en dialogue les deux récits? Peut être, mais ce qui paraît le plus prégnant ici est la faculté de produire un spectacle globalement cohérent à partir de cette distinction des deux histoires jusque dans la scénographie, posée sur une scène qui sera paradoxalement le lieu de rencontre des deux narrateurs. Partant de là, on a bien envie de croire à la magie du théâtre, qui est bien un des rares endroits à autoriser ce genre de joyeuses contradictions.

Prochaines représentations:

- Du 26 au 30 novembre 2013 à la MC2, Grenoble

- Le 3 décembre 2013 au Théâtre d’Arles

- Les 5 et 6 décembre 2013 à Sortie Ouest, Béziers

- Les 10 et 11 décembre 2013 à l’A.T.P. de Nîmes

- Les 14 et 15 décembre 2013 au Tétris, Le Havre

- Le 21 janvier 2014 à l’A.T.P. d’Uzès

- Les 23 et 24 janvier 2014 au Théâtre des Salins, Martigues
Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :
Commenter cet article

Archives

Nous sommes sociaux !

Articles récents