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Que se passe-t-il dans la tête du spectateur ?

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Billets critiques sur le spectacle vivant & interviews


Au pont de Pope Lick

Publié par Saad sur 30 Novembre 2013, 13:49pm

Catégories : #théâtre contemporain, #Création 2013

Au pont de Pope Lick
Au pont de Pope Lick

Texte de Naomi Wallace / Traduction : Dominique Hollier/ mise en scène : Anne Courel / Photo : © Christian Ganet -- Vu le 29.11.13 à l’Amphithéâtre - Pont de Claix

 

Sur le papier, la présentation de la pièce Au pont de Pope Lick parait bien noire. Sur le plateau, la dimension poétique prend heureusement le dessus.

 

   C’est l’histoire d’un jeune Américain emprisonné, Dalton Chance, seize ans, qui repense aux événements qui l'ont conduit là, dans cette prison. Dans ses souvenirs : une rencontre définitive avec Pace Creagan, jeune fille rebelle de deux ans son aînée. Pour lutter contre l’ennui et se sentir exister dans une bourgade frappée par la crise économique de 1929, elle l’a entraîné dans un jeu dangereux : traverser le pont de Pope Lick avant qu’un train à vapeur n’atteigne l’autre rive. Une de leurs connaissances a pourtant déjà laissé la vie à ce jeu là. Ce qui ressort de cette histoire, c’est cette rencontre entre deux jeunes gens qui apprennent à se connaître et que les circonstances poussent vers une relation amoureuse. L’écriture de Naomi Wallace offre une belle partition pour les deux personnages principaux, tant ce qui est dit résonne d’authenticité et donc d’humanité : face à cette demoiselle qui bouscule et qui n’est pas la dernière pour balancer des phrases lapidaires, Dalton Chance va apprendre à se positionner même si c’est elle qui dirigera la barque. Le portrait de ces deux êtres qui fréquentent l’école de la vie domine au point que la crise de 1929 ne semble ici qu’une trame à cette histoire de rencontre, crise incarnée par les parents de Dalton Chance, le père étant aux premières loges face aux plans de licenciements. Et puis…dans les moments de narration au présent, il y a ce gardien de prison qui harcèle le jeune homme et qui porte en lui une très grande douleur.

 

   Face à cette écriture qui raconte une histoire à travers la psychologie des personnages, la mise en scène propose d’allier sobriété, avec une scénographie réduite au minimum, et modernité, grâce au dispositif de projections vidéo (et parfois sonores) qui suivent le texte dans ses temps fixes comme dans les moments d’action. Le jeu d’acteur donne quant à lui de l’importance au mouvement, adhérant de façon convaincante à la jeunesse des deux personnages principaux. Et au final : une agréable sensation de vivre un moment de théâtre qui évite toute prétention affichée pour mieux atteindre ses objectifs. A tester donc.

 

Prochaines dates de représentation:

25.03.14 - 14h30 + 20h / Le Grand Angle - Voiron (38)
04.04.14 - 14h + 20h30 / Le Ferme de Bel Ebat - Guyancourt (78)

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